Le Programme Développement des Terres Arides (DryDev) a entamé une série d’ateliers dans l’objectif de capitaliser les diverses initiatives entreprises en vue d’en tirer les expériences innovantes, les principales leçons apprises et interrogations afin d’en déduire des pistes pour une meilleure pérennisation du Programme. Dans ce cadre, l’ONF-BF a été convié à participer aux ateliers relatifs aux communes de Zogoré et de Kiembara. Ces ateliers ont eu lieu respectivement les 08 et 09 mai 2019 et ont connu la participation d’une quarantaine de partenaires et bénéficiaires du programme
Ces ateliers ont été des cadres de capitalisation, de systématisation et de partage de pratiques innovantes en matière de promotion du développement économique local et d’adaptation aux effets du changement climatique. Meublés d’exposés introductifs, de séances plénières et des travaux de groupe, les ateliers ont duré respectivement un (01) jour. Treize (13) thématiques de capitalisation, en relation directe avec les huit (8) composantes du Programme ont guidé les réflexions dans les travaux de groupe :
- la gestion des sols et de l'eau ;
- la restauration des paysages / FMNR et agroforesterie / Greffage d'arbres / Gestion des sous-bassins versants ;
- le développement des marchés et de la chaîne de valeur / Système de Warrantage ;
- les stratégies intelligentes face au climat pour améliorer la sécurité alimentaire ;
- le maraîchage / systèmes d'irrigation à petite échelle ;
- les systèmes de gestion durable du bétail ;
- le dynamique des genres / implication des jeunes ;
- les groupes d'épargne villageois / Accès aux services financiers ;
- le développement de l'esprit d'entreprise au niveau du village ;
- la plateforme d'innovation / innovation sociale ;
- le développement des capacités institutionnelles / influence des politiques ;
- le système d’approvisionnement durable en intrants ;
- le régime foncier et la propriété des terres.
Les différents travaux ont permis de réaliser les résultats suivants :
- un bilan des réalisations a été dressé ;
- les leçons apprises, les bonnes pratiques et les acquis du programme ont été partagées entre les acteurs ;
- des recommandations ont été formulées pour la mise à l’échelle et la pérennisation des acquis du Programme.
Les participants à l’atelier bilan sur la commune de Kiembara
QUELQUES TEMOIGNAGES D’ACTEURS
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Joséphine NIAMOUKARA
Maire de Kiembara, sa commune a bénéficié des actions de DryDev depuis 2014, soit dès le début du programme. « De 2014 à 2019, le Programme DryDev a fait beaucoup plus que la commune elle-même. Au titre des réalisations, on peut retenir l’aménagement d’un bas-fond rizicole de 20 ha (2017-2018), la délimitation d’un massif forestier devant être aménagé. Un plan d’action a été élaboré dans ce sens. Il y a également la mise à disposition d’engrais à crédit au bénéfice des producteurs ».
Madame Joséphine NIAMOUKARA, Maire de Kiembara
Madame le Maire souhaiterait que le Programme connaisse une seconde phase de trois (03) ans, qui permettrait de consolider les acquis. Mais elle est consciente que les actions dont sa commune a déjà bénéficiées doivent être pérennisées. « Les formations reçues et l’accompagnement dont les villages ont bénéficié ainsi que la gestion de l’engrais mis à disposition à titre de crédit sont des facteurs importants sur lesquels beaucoup d’autres actions peuvent être entreprises au bénéfice des producteurs».
Sur la question foncière, Mme le Maire salue les actions mises en œuvre, à savoir la formation de l’agent domanial et la mise en place des commissions foncières villageoises (CFV) et les commissions de conciliation foncière villageoises (CCFV).
Toutefois, elle regrette que la mise en place des structures locales de gestion foncière n’ait concerné que deux (02) villages sur les quinze (15) que compte sa commune. Elle souhaite aussi que le dispositif soit complété, en vue de rendre le service foncier rural (SFR) capable de délivrer des actes de sécurisation foncière.
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Adama BALMA, Originaire du village de Bompèla
Président de la Plate-forme Elevage
« Le projet a mis à notre disposition une machine et nous a appris à produire les aliments pour la volaille.
Avec ces aliments, dès quatre (04) mois, nous pouvons mettre nos volailles sur le marché, alors qu’autrefois, il fallait attendre six (06) mois, si toutefois elles ne mourraient pas »
« Nous avons gagné de l’argent, de la nourriture et réduit le coût de la viande, en raison de sa plus grande disponibilité. »
Monsieur Adama BALMA, Président de la Plate-forme Elevage
Malgré ces résultats, des besoins demeurent : « Nous avons besoin d’une couveuse. Vous allez surement nous demander pourquoi nous n’achetons pas la couveuse puisque nous avons affirmé que nous gagnons de l’argent ! La réponse est que la couveuse en question vaut jusqu’à deux millions (2 000 000) de F CFA. Elle a une capacité de mille (1 000) œufs ».
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Issa BARRO, Chef de Zone d’Appui Technique (ZAT) à Kiembara, à propos de la collaboration avec la SNV dans le cadre du Programme DryDev : « De façon concrète, DryDev a contribué à la récupération des terres dégradées dans les bassin versants, à travers les techniques du Zaï, des cordons pierreux, des demi-lunes. Il y a eu également la RNA (Régénération Naturelle Assistée des plantes). Des bassins de collecte des eaux de ruissellement (BCER) ont également été réalisés. »
Pour ce qui est de la contribution des services techniques dans les actions mises en œuvre, Monsieur BARRO a déclaré «Nous avons formé les femmes sur la culture maraichère à Kiembara, précisément à Gouéré, nous avons également formé les formateurs communautaires à travers sur les outils appropriés de récupération des terres dégradées. DryDev a contribué à booster la production rizicole dans ce village ».
Monsieur Issa BARRO, Chef ZAT à Kiembara
En termes de capitalisation, « des rapports mensuels permettant la capitalisation des données au niveau communale sont réalisés. Ces rapports sont acheminés vers les services techniques ».
Monsieur BARRO a lancé un cri de cœur « ces actions sont visibles dans la commune. Le projet est intervenu dans 5 villages alors que la commune en compte 14 en tout. Notre espoir pour les autres villages est que les mêmes actions soient également mises en œuvre chez eux. Nous sommes là pour accompagner les villages, mais nous aurons besoin d’appui en termes de moyens pour la mise à l’échelle des actions dans toute la commune».
Caroline OUEDRAOGO
Spécialiste en Communication
ONF-BF